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4 - LES FONTAINES

LES FONTAINES CLASSÉES



L’eau, par qui arrive la richesse, s’est toujours signalée par son abondance à Raon l’Étape et le nombre de ses fontaines le démontre. Durant tout le XIXème siècle, des travaux de captation d’eau de sources, d’adduction d’eau puis d’assainissement (égouts, quai…) se réalisent dans la ville. Bien que de nombreux lavoirs apportent l’eau nécessaire à une vie quotidienne car peu de maisons possède l’eau courante, il s’agit là de multiplier les points d’eau, facteurs important visant à améliorer une vie quotidienne et l’hygiène de la ville mais aussi pour rassurer une population après une série d’incendies dévastateurs. Enfin, il faut prouver aux habitants de La Neuveville ‘’les potchevilles’’ que les riverains raonnais sont plus riches qu’eux grâce aux forêts et commerces. 

Ainsi en 1859, le conseil municipal voulant donner une touche «artistique» à ce chantier dans le sens de grands projets d’embellissement qu’il entreprend, s’adresse à monsieur BROCHON industriel à Donjeux (52) pour la commande de fontaines. 
D’autres sont commandées également sur catalogue en fabrication à Val d’Osne en Haute-Marne mais coulées et fournies par la maison DUCEL de Paris. 
Dès 1863 jusqu’à 1893, ces fontaines servant de bouches à incendie et de décoration sont progressivement aménagées. Elles ornent places et rues de la commune, complétant un ensemble de bassins, abreuvoirs et lavoirs en grés ou en granit déjà installés dans les quartiers et alimentés en eau courante. La plupart sont approvisionnées par un réseau d’eau potable appelé réseau secondaire venant du site de la Criquette. Mais il est à mentionner qu’en 1870, certaines maisons bourgeoises disposent elles aussi de fontaines d’eau de source à jet continu. 
En 1875, La Neuveville répondant à la provocation raonnaise achète également à la même fonderie une fontaine. Toutefois lorsqu’il faut lui trouver un emplacement, le conseil municipal de cette commune décide de placer celle-ci devant le Grand-Pont (pont de l’Union) et de lui faire tourner le dos aux ‘’ravonettes’’. Un conseiller municipal déclare même : «Tournez-y le cul du côté de Raon, c’est bien bon pour les ravontons ». Dans cette position, elle nargue ainsi les raonnais jusqu’en 1944. 

Les deux communes réunies se voient alors caractérisée par douze fontaines. Ces œuvres monumentales en fonte sont des répliques de statues se trouvant au musée du Louvre à Paris. Elles représentent des personnages mythologiques et allégories diverses. Tous les bassins de ces fontaines de forme ovale sont interchangeables. Celles-ci sont restaurées par monsieur GEORGES qui respecte les moindres détails. 

Il ne reste aujourd’hui que onze fontaines. 

La fontaine du Cygne disparaît après la guerre 1914-1918 probablement au cours du réaménagement du centre de Raon l’Étape. Considérant que ces fontaines de Raon l’Étape présentent puis constituent par leur nombre et leur qualité, un ensemble exemplaire avec un intérêt d’histoire d’art suffisant pour rendre désirable la préservation en tant qu’ensemble puis pour leur qualité ornementale, onze font l’objet d’une mesure de protection au titre des monuments Historiques en 1987. 
La douzième Diane Chasseresse en cours de déplacement et de modification à l’époque est non classée. 
Il est à mentionner que le nom de Jean Jacques DUCEL né à Marseille (13) en 1801 puis décédé en 1877, est gravé sur les fontaines.

Moins connu, le réseau de canaux de la ville. Avant de rencontrer les eaux de la Meurthe, la Plaine se divise en plusieurs bras. Les hommes ont maîtrisé ses flots en les enserrant de pierre. Des passerelles sont construites pour relier leurs demeures aux rues. Cela vaut autrefois à Raon l’Étape d’être surnommée : la petite Venise. Certaines parties de ce réseau sont aujourd’hui recouvertes et les sables favorisent l’émergences d’îlots.


IMPLANTATIONS DES FONTAINES


Chaque fontaines comportent divers détails qu’il faut bien observer.


1 - L’enfant et le Cygne
La fontaine « L’Enfant et le Cygne » est à l’origine implantée près de l’angle des rues Jules Ferry et Charles Weill. Par la suite, elle est transférée place de la République puis derrière le préau de l’école Maurice Courtin, avant de trouver sa place actuelle devant le théâtre vers 1970.

 L'enfant et le cygne
L'enfant et le cygne

2 - La Concorde
La fontaine « La Concorde », à l’angle des rues Anatole France et Gambetta ne semble pas avoir été déplacée.


 Concorde
Concorde

3 - La fontaine du Bonheur
La fontaine du « Bonheur » sur la promenade de la Meurthe se trouve à l’origine plus en avant, rue Charles Weill.

 Le bonheur
Le bonheur

4 - La Diane de Gabies
La fontaine de « Gabie » située rue du Général de Gaulle n’a pas bougé.

 Diane de Gabies
Diane de Gabies

5 - La Chèvre
La fontaine « La Chèvre » à l’angle des rues du Général de Gaulle et du docteur Brajon n’a pas été transférée. L’endroit où elle est placée s’appelle pont de la Chèvre et pont de la Plaine.

 La chèvre
La chèvre

6 - L’Automne
La fontaine de « L’Automne » connaît deux emplacements différents place Beauregard actuellement des Martyrs de la Résistance.

 L'automne
L'automne

7 - La fontaine Louis Joinard
La fontaine de « Joinard » dit la pomme de Pin connaît plusieurs emplacements : au pont de la Plaine, place de la République, rue Aristide Briand et actuellement dans le square Louis Joinard à l’angle des rues Adrien Sadoul et Auguste Ferry.

 La pomme de Pin
La pomme de Pin

8 - L’Enfant
Actuellement au pont de la Plaine rue Wessvall, auparavant elle se trouve place de la République.

 L'enfant
L'enfant

9 - La fontaine aux Lions ou aux griffons
La plus imposante. Elle se trouve à l’origine en face de la mairie sur l ‘emplacement de l’ancienne fontaine au Bonnet Phrygien. Elle est transférée en 1930 sur son emplacement actuel rue Jules Ferry pour laisser la place au monument au morts. Cette fontaine se nomme aussi Anémone. Elle perd sa statue Cérès qui la couronne à la fin de la seconde guerre mondiale, les allemands l’ayant volée. La copie d’une nouvelle statue est commandée puis mise en place et inaugurée le 13 juillet 1992.

 Griffons
Griffons

10 - La fontaine des Trois Coliches
Coliches venant de Colin en patois vosgien et voulant dire «garnements». Celle-ci n’a pas été déplacée.

 Les trois Coliches
Les trois Coliches

11 - Minerve
Minerve est un nom romain, comme Athéna de mythologie grecque. Située rue Aristide Briand, elle est légèrement déplacée afin de permettre l’aménagement du carrefour (faubourg de Saint-Dié) et le passage de la voie ferrée.

 Minerve
Minerve

12 - La fontaine Diane Chasseresse


Seule fontaine de la rive gauche réalisée pour embellir un lavoir terminé en 1860, la prestigieuse Diane chasseresse est commandée à la même fonderie DUCEL puis installée à ce lavoir sur la rive gauche, commune de La Neuveville. Ceci pour rivaliser avec la commune «jumelle» de Raon qui compte déjà onze fontaines dans ses quartiers. 

Celle-ci est une grande voyageuse… D’abord implantée auprès du grand pont de la Meurthe (pont de l’Union), le dos tourné à Raon comme pour narguer sa population, elle quitte son emplacement après le bombardement de l’ouvrage pour se cacher sur un simple socle au fond du jardin de la gare de l’Est. 

En 1993, elle est rénovée et remise en eau pour être replacé sur son bassin d’origine afin de trôner majestueusement au milieu du square Marcel HUSSON. Depuis, elle garde cet emplacement accueillant les visiteurs qui descendent du train. 

Cette fontaine raonnaise n’est pas un modèle unique. En Haute-Corse sur la place du village de Vivario, une fontaine surnommée «De Diane chasseresse trônée» existe depuis un peu près la même période que celle de La Neuveville. La seule différence, c’est que son bassin est carré. Mentionnons que tous les bassins de forme ovale sont interchangeables. Également présente à Paris, le jardin du Luxembourg où se trouve le Sénat abrite une superbe sculpture identique à la statue  de cette Diane Chasseresse. Il en est idem dans le Jura à Morez et dans les jardins des Tuilleries à Versailles ou dans d’autres hauts lieux de culture, la Diane est en fait la reproduction d’une statue de marbre "Artémis à la biche" ou "Diane de Versailles" sculptée vers 330 av. J.-C. par le romain Léocharès. Cette dernière résulte d'un lieu de culte au lac Nemi, endroit où César détenait une villa impériale. Par la suite, celle-ci fut conservée par le Vatican qui la donna ensuite en 1556 à Henri II roi de France pour le château de Fontainebleau (77). La statue est transférée à l'issue au palais du Louvre puis dans la galerie des glace à Versailles sous Louis XIV. Ce n'est qu'en 1798, qu'elle refait apparition au Louvre.

 Diane chasseresse
Diane chasseresse

Vierge implacable, la Diane Chasseresse règle le passage d'un monde à l'autre. Cette déesse est sévère, cruelle. Elle se livre à la chasse, son occupation favorite. Toutes ses nymphes sont grandes et belles mais la déesse les surpasse toutes en taille et en beauté. Elle sévit sans pitié contre tous ceux qui ont provoqué son ressentiment. Elle n'hésite pas à détruire leurs moissons, à ravager leurs troupeaux, semer l'épidémie autour d'eux, à humilier, faire périr même leurs enfants. Elle traite ses nymphes avec la même rigueur, si elles oublient leur devoir. La biche et le sanglier lui étaient particulièrement consacrés. Il lui est offert en sacrifice les primeurs de la terre, des bœufs, des béliers, des cerfs blancs, quelquefois des victimes humaines.


(13) - Le Cygne
Il disparaît après la seconde guerre mondiale sans doute lors du réaménagement du centre ville. Il ne reste aujourd’hui que les fontaines précitées.
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